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Crise Qatar-GCC Countries/ Retour d’expérience

A l’aube du lundi 5 juin dernier, en plein mois sacré de Ramadan, plusieurs pays arabes, Arabie Saoudite en tête, ont annoncé la fermeture immédiate de leurs frontières terrestres, maritimes et aériennes avec l’un de leurs pays frères, le Qatar. A mon atterrissage à Dubaï (en provenance de Doha), j’apprends la nouvelle.  
Après le Sommet de Riyad, et suite au hacking de l’Agence de presse Qatarienne (QNA), on a assisté à une campagne médiatique de la presse aux ordres des Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite. Mais on semblait dans une rhétorique au son assez familier. Ce n’est pas la première crise qu’a connu la région. Les causes du conflit sont désormais connues et représentent une ligne de fracture forte depuis la vague des Printemps Arabes née en 2011. D’un côté, le Qatar et la Turquie, ont réaffirmé et renforcé leurs soutiens à l’islam politique des Frères musulmans, qui étaient arrivé au pouvoir en Tunisie, en Egypte et qui frappaient à la porte au Bahreïn, au Yémen, et en Libye. De l’autre côté, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, vent debout contre ce courant de pensée profitent de l’essoufflement de l’élan révolutionnaire pour passer à la contre-offensive, intervenant militairement au Bahreïn puis en soutenant le coup d’Etat du général Sissi en Egypte en 2014. Ils décident ensuite de bizuter l’arrivée au pouvoir de Sheikh Tamim Bin Hamad AlThani, tout juste âgé de 32 ans. Une crise diplomatique éclate et durera 8 mois, faite de menaces et de retrait d’ambassadeurs. Cependant, la vie de tous les jours n’avait pas été impactée, et si personne n’avait perdu la face, on avait assisté à une baisse de ton du Qatar dans les évènements régionaux et un alignement sur l’Arabie Saoudite dans la crise de Bahreïn, comme à un soutien à l’intervention saoudienne au Yémen en 2016.  
Je décide donc de continuer mes rendez-vous de la journée aux Emirats Arabes Unis et de ne planifier un retour à Doha que dans la soirée du mardi. Une fois les considérations pratiques réglées, les coups de téléphone se succèdent.  
Cette crise est montée dans les tours dès le début. Les annonces se succèdent. On m’apprend que les vols Qatar-Arabie Saoudite vont être tout de suite annulés, et que les liaisons Emirats Arabes Unis-Qatar vont être fermées dans la soirée. Faits sans précédents pour une région intégrée économiquement (10,000 voyageurs par jour sur la liaison Dubaï-Doha).  

 
Dois-je conseiller à mes clients de confirmer leurs tournées moyen-orientales ou les repousser ?  
La nouvelle a pris par surprise la plupart des acteurs économiques. Quelques semaines plus tôt, les pays du CCG confirmaient leur intention d’une intégration renforcée, telles que l’établissement d’un visa touristique commun afin de stimuler un secteur du tourisme en pleine expansion, la mise en place d’une TVA (5,5%) afin de renforcer les revenus des budgets de pays fortement frappés par la chute des prix des hydrocarbures ces deux dernières années.   
Le Qatar semble être le pays qui va fortement souffrir de cette crise. La mise en place d’un blocus terrestre aux deux postes frontières Qatar-Arabie Saoudite remet en cause les approvisionnements d’un pays qui importe plus de 90% de ses besoins alimentaires. Une fois l’information diffusée dans Doha par réseaux sociaux et rumeurs, on assistera à un rush vers les centres commerciaux à la sortie des bureaux en début d’après-midi  (le lundi 5 juin)1. Images impressionnantes pour les ouvertures des journaux de 20h en occident !  
De mon côté, je recommande finalement à tous nos clients de maintenir le cap, et de continuer business as usual. C’est dans les moments de crise que les marques de soutien sont les plus appréciées.  
Au fur et à mesure de la journée, les informations sur les origines de la crise se succèdent au fil des communiques, l’horizon s’assombrit. Les raisons invoquées par les protagonistes régionaux pour cette mise au ban semblent surréalistes. L’Etat du Qatar serait LE financeur du terrorisme planétaire, et soutiendrait aussi bien les réseaux djihadistes sunnites, qu’un plan de conquête chi’ite du Moyen-Orient. Bref, l’Axe du mal à lui tout seul ! On n’est pas à quelques contradictions près dans ces attaques qui sembleraient tirer des titres du plus mauvais Tabloïd anglais, sauf que cette fois-ci, ce sont les ministres en titre qui lisent les discours, bientôt suivis par les tweets dévastateurs du président américain Donal Trump.  Certes le Qatar, et l’Etat en tête, a pour tort d’héberger quelques personnes2 qui financent ou ont pris part à des actions terroristes. Comme les Frères Musulmans ou le Hamas palestinien. Le pays vient aussi de payer une forte rançon à différents acteurs du conflit irakien pour obtenir la libération de 26 otages, dont des membres de la famille royale. Cependant, ce rôle d’intermédiaire dans des zones de conflit ingérable a été encouragé par les pays occidentaux, US en tête. Le Qatar a accueilli les discussions de paix sur le Darfour, sur la réconciliation palestinienne, et même sur les négociations climatiques (Cop 18). D’autre part, l’émirat gazier a été sollicité 
                                                        1 En période de Ramadan, les horaires de travail sont limites a 6 heures par jour, généralement de 7 a 13h.  2 59 personnes et 12 organisations selon les chiffres indiqués par Mr Bourdillon. 

 
pour payer des rançons inavouables (Les infirmières bulgares étant le cas le plus connu en France). Les faits et gestes du pays sont connus, documentés et suivis à la trace par les services de renseignement, américains en tête avec leur base d’Al Udeid de 10,000 soldats qui a servi de tête de pont pour les conflits en Iraq et Afghanistan. Les campagnes de frappes contre Daech, auquel le Qatar a participé, sont dirigés depuis Doha. D’ailleurs on observe une valse à deux temps entre les tweets Trumpiens et les annonces officielles de l’administration américaine.  
Toutefois, moins sensationnel, mais plus réel, personne, ou presque (Mr Malbrunot), n’a parlé d’une « guerre d’Ego » comme de successions… Les Princes Mohamed bin Zayed (Prince héritier d’Abu Dhabi) et Mohamed bin Salman (Vice-Prince héritier d’Arabie Saoudite) sont à la manœuvre, utilisant des attitudes de faucons conservateurs, et n’hésitant pas à avoir recours à des méthodes brutales pour obtenir gain de cause sur plusieurs sujets qui leur tiennent à cœur:  
- 1. Renforcer leurs positions de force dans leurs pays respectifs et asseoir leur légitimité comme « héritier de fait ». - 2. Remettre à sa place la micro-monarchie qatarienne.  - 3. Mise au pas des autres pays du CCG, notamment le Koweït et Oman dans un futur conflit avec l’Iran, pas si utopique que cela.  
De son côté, Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani joue l’héritage politique de son père – toujours très influent dans les couloirs du pouvoir – ainsi que la nature même de son règne : être à la tête d’un émirat gazier indépendant punchant à un niveau d’influence dix fois supérieurs à sa taille réelle, ou bien diriger un Etat godillot aux basques de ses voisins. Jeune, charismatique, et bien formé, l’Emir s’est senti rassuré par le soutien et l’amitié fort de la Turquie, poids lourd militaire de la région et n’a pas l’intention de se laisser faire.  
 
Autre point intéressant, l’Arabie Saoudite est un pays pétrolier, qui subit de plein fouet la crise. Depuis deux ans, le royaume a mis en place un plan d’industrialisation à marche forcée. 
 
Le fait de voir le voisin chiite se rouvrir au monde inquiète particulièrement ses dirigeants tant leurs plans d’industrialisation pourraient être mis à mal. En effet, la population saoudienne n’est que de 31 millions d’habitants quand l’Iran en propose 79 millions. Les iraniens sont industrieux, particulièrement bien éduqués et entreprenant, quand l’éducation est un sujet sérieux en Arabie Saoudite. Nombre d’entreprises occidentales, américaines en tête, n’ont-elles pas des plans d’investissements industriels massifs sur l’Iran ? Quid des plans saoudiens dans le cas où l’Iran, « nouvel axe du mal de Mr Trump », s’ouvre à l’Occident ??? 

 
 
La crise est partie pour durer, et aura probablement des conséquences désastreuses pour l’avenir du CCG.  
 
Pierre-Marie Relecom / Sylvain Touati. 
Founder & CEO / GCC Managing Partner 

 

 

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